Aux plus de soixante ans ...
Les plus de soixante ans...
Nous ne sommes pas des « anciens » : nous sommes des chroniques vivantes.
Nous avons appris à résister lorsque la vie ne nous offrait aucune réduction.
À cinq ans, nous savions déjà lire le regard de nos parents mieux que dans un manuel de psychologie.
À sept heures, nous avions la clé de la maison autour du cou et un sandwich dans le tiroir.
À dix heures, nous avons pris nos vélos pour aller de l'autre côté de la ville, avec pour seule règle de revenir avant la nuit.
Et si on tombait, un peu de salive ou une feuille ramassée dans la rue suffisait : pas de drame.
Nous avons joué sans téléphones portables, sans tablettes, sans GPS.
Nos « notifications » étaient les voix des mères qui nous appelaient depuis la fenêtre.
Les genoux écorchés étaient des insignes d’honneur.
Et pour le goûter, du pain et du sucre ont suffi à nous faire plaisir.
Nous regardions la télévision en noir et blanc, écoutions des disques vinyles et rembobinions des cassettes avec des stylos.
Nous avons voyagé avec une carte et un sourire, sans Google Maps et sans airbags.
Nous écrivions des lettres à la main, et l’attente du facteur était plus excitante que n’importe quel message instantané.
Nous sommes la dernière génération à avoir connu le monde « analogique »,
celui qui t'a appris la patience, la créativité, la résilience.
Nous avons grandi sans filtres, sans photos retouchées, sans « j’aime ».
Nous avons fait confiance à notre instinct, à notre mémoire et à nos mains.
Et aujourd’hui… nous sommes toujours là.
Avec quelques rides en plus, mais avec des yeux qui ont tout vu.
Nous portons une encyclopédie de la vie qu'aucun moteur de recherche ne pourra jamais remplacer.
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